En cinquantes nuances…

Un jour, lors d’une discussion avec un jeune homme que je trouvais charmant à l’époque (mais beaucoup moins aujourd’hui), nous avons abordé la question du nombre de partenaires sexuels que nous avions connus. Enfin, plus précisément, il m’a demandé avec combien d’hommes j’avais couché. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de poser cette question à quelqu’un, car je sais qu’aucune réponse n’est « correcte » : à partir de combien de partenaires peut-on décréter qu’ il y en a eu trop (ou trop peu) ?

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Je lui ai donc répondu qu’il ne fallait pas poser de question dont on n’a pas réellement envie de connaitre la réponse, car je savais que la mienne ne lui plairait pas. Il m’a répondu « c’est simple, si tu en as eu plus de 10, c’est qu’il y a un problème ». Et ça m’a énervée. Je lui ai demandé de quel droit il se permettait de juger les femmes (car évidemment les hommes n’étaient pas concernés) qui ont connu plus de 10 partenaires sexuels au cours de leur vie ? Voici, en gros, son point de vue, suivi du mien… :

Selon Lui, un homme peut se permettre d’avoir plus de partenaires au cours de sa vie qu’une femme, car le sexe porterait moins à conséquence pour l’homme. Il suffirait de réaliser un simple test pour le prouver : Si une femme (belle et bonne, selon ses termes) sort dans la rue et propose à chaque homme qu’elle croise de coucher avec elle, elle aura probablement près de 90% de réponses positives (statistiques personnelles de mon interlocuteur, évidemment), car l’homme n’a pas besoin de plus pour être excité. Par contre, si un homme (beau et sexy) réalise le même exercice, il récolterait plutôt 90% de réponses négatives car les femmes ont besoin de plus pour passer à l’acte, d’une connexion émotionnelle qui prend plus de temps à s’établir. Donc, en gros, la femme aurait moins de partenaires au cours de sa vie car elle a besoin de plus de temps pour se décider à coucher que n’en a besoin l’homme. Et ce raisonnement justifierait également, toujours selon Lui, le fait que l’infidélité masculine serait moins grave que l’infidélité féminine…

J’ai commencé par lui faire remarquer que je ne le connaissais que depuis à peine plus d’une heure lorsque nous avions couché ensemble pour la première fois et qu’aucune connexion émotionnelle n’avait été requise pour cela (vive Tinder et la satisfaction rapide!). Ensuite, je lui ai expliqué que, selon moi, les réponses négatives des femmes ou positives des hommes ne peuvent en aucun cas être employées comme un argument probant. Explication : La culture et la société actuelle, bien que de plus en plus ouverte au féminisme, reste très orientée en matière de sexualité : « une clé qui ouvre toute les portes est une clé magique, mais une porte qui s’ouvre à toutes les clés est une porte qui ne sert à rien ». Le mâle est honoré s’il a beaucoup de conquêtes, la femme est déshonorée si elle s’offre trop facilement. Que l’on soit d’accord ou non, on sait que c’est de cette manière que les gens jugent la sexualité des autres. Donc, pour en revenir à notre exercice, peut-être que certains hommes diront « oui » tout simplement parce que la société actuelle les traiterait d’imbéciles d’avoir manqué une pareille opportunité, de même que certaines femmes refuseront l’offre alors qu’elles auraient aimé l’accepter, uniquement parce qu’on leur a appris que ce type de comportement n’était pas socialement correct. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne s’agit pas d’une différence biologique ou psychologique entre l’homme et la femme, mais tout simplement du fruit de la société actuelle qui juge la sexualité masculine différemment de la sexualité féminine. Bizarrement, il n’avait plus grand-chose à répondre à cela…

Ne nous méprenons pas : je ne dis pas que la femme (ou l’homme) doit sauter sur chaque opportunité qui se présente ; je veux simplement que l’on arrête de prendre pour acquis un comportement et qu’on le qualifie de « naturel » voire « biologique » alors qu’il n’est que, selon moi, culturellement construit (à tort ou à raison, ça c’est un autre débat, que l’on peut lancer si vous le désirez). Personnellement, je suis adepte du « si ça ne fait de mal à personne, que c’est fait de manière responsable et que ça te fait du bien, alors pourquoi te le refuser ? ».

Quoiqu’il en soit, sa petite question pas si innocente que ça, qui nous a finalement menés vers une discussion plus sociologique que prévu, n’a pas obtenu de réponse.  Lui ne saura donc jamais qu’à ce jour, de mon côté, j’ai connu le plaisir en plus de cinquante nuances… et que je n’en ai pas honte pour autant.

Amicalement vôtre,

The Shameless Woman

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